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 Toutes les fragances du monde

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MessageSujet: Re: Toutes les fragances du monde   Sam 12 Juil - 19:34

Non, non, il s'arrêterait à la villa, les voitures ce n'était pas sa tasse de thé, ça faisait mal aux oreilles. Et puis dans l'absolu, il n'avait pas envie de voyager. Rester à Hokubu était dans ses plans, à moins qu'Aya voulait voir le monde. Alors il prendrait un Jet privé.
Pour lors il était sérieux, comme il le montrait à la tirer dans cette agence. Que ce ne soit pas dans ses gouts, ses envies, il ne voulait pas le savoir ! Il ne voulait rien entendre, il voulait y croire, dur comme fer. Il voulait croire que cette villa serait leur palais à tout les deux. Il voulait croire qu'il se réveillerait à ses côtés, chaque jour que ..*censure démoniaque oblige*.. ferait ! Il voulait croire que ça lui plaisait, que quelque part elle serait heureusement de ce traitement. Il voulait croire que Kureno disparaîtrait pour toujours et qu'il gagnerait son cœur une bonne fois pour toute et que la bonne fortune ne le pousserait pas à redevenir dingue et disparaître dans les ténèbres pour le bien d'un ange blond amateur de chocolat. Non, il avait gagné la liberté et l'amour, et pour rien au monde il ne retournerait dans l'ombre d'Han-Ryu... Mais si malgré tout il devait retourner au néant, il espérait que Kureno vienne la retrouver et que ce palais devienne le leur.
Mais visiblement l'autre n'était pas de cet avis, mais alors pas du tout. Angra ne comprenait pas pourquoi cet homme ne voulait pas leur laisser voir le dossier de la villa ? C'était une aberration ! Il avait le droit de vivre où il voulait. Il faudra qu'il comprenne que les humains ne faisaient hélas pas toujours tout ce qu'ils désiraient. Et qu'une jeune punk comme les désignait le monsieur dans son trône ne pouvaient prétendre une résidence si luxueuse ! Tout le monde ne faisait pas apparaître du fric comme ça !
Aya vint alors à son secours, ..*seconde censure*.. merci ! Ce qu'elle ignorait c'est que tout ce qui sortirait de sa bouche serait pris au premier degré par la tête argentée à côté de lui. Ainsi donc "elle est fort exigeante en matière d'immobilier, et vos appartements deux pièces ne parviendront qu'à la faire doucement rigoler" devint quelque chose qui sonna comme, "Angra... j'adore cette résidence, en fait, je me vois trop y vivre avec toi." ce qui suivit lui fit l'effet d'un électrochoc. Elle parlait de mariage ? Un cadeau de mariage ? Hein ? Elle voulait à ce point vivre avec lui ??? Il n'en croyait pas ses oreilles. Cependant... Il lui faudrait organiser ça d'une façon royale. Il devait inviter son frère, faire les cartons d'invitation ! Même pas né qu'il allait se marier ! Légère inclinaison de la tête, alors qu'un sourire rêveur lui passa dans le crâne. Il la voyait déjà dans une superbe robe rouge feu, pendue à son bras, ou à défaut de robe, un superbe smoking taillé sur mesure. Il lui offrirait une pierre de chez lui, rouge sang qui éclairée par le soleil donnait des éclats dorés, accrochée à une bague en métal solide et tenant des températures infernales. L'idée du mariage lui faisait un peu peur, mais d'un autre côté ça le remplissait d'une joie... si immense qu'il avait l'impression de redevenir un Dieu parmi le commun des mortels. Des petites ailes avaient du lui pousser dans le dos, car il était n train de décoller de son siège.

Ainsi donc, ces jeunes gens ne déconnaient pas, et en plus ils venaient d'une famille aisée ? Et en plus c'était un cadeau de mariage ?! Le bonhomme resta septique un moment, mais au vu du sérieux du rouquin, il s'éclaircit la voix, ouvrant un peu la cravate qui lui serrait le gosier et puis il fit signe à un homme dans l'arrière boutique. Un gars à l'allure de major d'homme s'empressa de ramener sa fraise et proposer boisson chaudes ou froides plus petits gâteaux.

- Je... je suis désolé. Veuillez accepter mes excuses... prenez quelque chose pendant que je vous sors ce dossier. Pour vous dédommager de cette méprise, je vous propose de bénéficier d'une remise exceptionnelle de sept pour cent en cette période de fête."

Une goutte de sueur glissa sur sa tempe. Il n'avait aucune idée de la personne qu'il avait sous les yeux. Il ne l'avait jamais vu. Mais ce ton froid ne laissait rien présager de bon si le reste de la famille et les avocats débarquaient avec perte et fracas. Mieux valait calmer le jeu, et si c'était après tout une bande de galopins, il appellerait les flics immédiatement ! Le vieille homme sortit un dossier épais, relié en cuir noir et dorure, il y avait les photos extérieures et intérieures de la villa, la fiche d'état des lieux.

- Voilà je vous laisse regarder, mais en préparation de l'acte de vente je vais vous demander vos noms et prénoms. Nous allons aussi procéder au moyen de paiements. Vous payerez en combien de fois ? Vous bénéficiez d'un emprunt ? Oh et si vous voulez visiter la dite villa, je demande à mon assistante de vous y rejoindre le jour que vous désirez."

Le bonhomme sortit un monticule de papiers et fit de la place pour les deux hommes afin qu'ils puissent lire et remplir les papiers tranquillement. Piouf, si cette villa partait, il serait riche !!
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Ayame Keita
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MessageSujet: Re: Toutes les fragances du monde   Lun 14 Juil - 15:09

Duh... Heureusement pour Ayame qu'elle n'avait absolument AUCUNE idée de ce qu'il pouvait bien se passer dans la caboche d'Angra, et qu'elle était trop occupée à bluffer pour lui jeter un coup d'oeil et faire face à sa trombine d'ahuri aux anges... Parce que sinon elle aurait peut-être bien perdu le fil de son jeu. C'était pas la première fois qu'elle bluffait, certes... Mais c'était la première fois qu'elle faisait semblant d'être du grand monde, tandis qu'elle avait l'habitude, au contraire, de "flâner" dans les bas-fonds... Elle s'étonnait elle-même dans l'histoire, et le fait est qu'elle craignait un peu de ne pas assurer tout du long de cet entretien... Bon ok ils avaient le pognon - du moins ils l'auraient du moment où Angra l'aurait matérialisé - pour appuyer ce qu'elle pourrait bien raconter mais euh... Voilà quoi. Elle y connaissait rien en immobilier, elle n'avait pas des goûts très racés contrairement à la fiancée de l'histoire qu'elle venait d'inventer, et une erreur serait rapidement commise. Fiou... Commençait à faire chaud là, non? Pour l'instant, il semblait bien qu'elle avait réussi à ramener le bonhomme à des idées un peu plus adaptées aux ambitions d'Angra, et il faisait bien de leur proposer à boire... Elle allait se "rafraîchir" avant de trahir le stress duquel elle était prise par quelque transpiration. Pas que le "trop chaud" dont il était question soit physique, car elle se voyait mal avoir trop chaud, mais quelque part la sensation anxiété=chaleur=besoin de truc frais lui restait, comme un souvenir de sa vie en tant que 100% humaine (ou presque). Habituellement elle n'était pas du genre à stresser à cause d'un imbécile qui se tortillait les fesses sur son siège capricieusement, mais bon, même si personnellement elle se foutait pas mal de cette villa, vu l'enjeu, quelque part ça créait un certain suspens. Elle prit donc le premier truc frais mais pas trop - sinon elle se serait sentie mal - qu'on lui proposait, et entreprit de poser ses lèvres dedans, tout en se réintéressant à l'agent face à elle. Elle fronça les sourcils. Une remise de sept pour cent..? Si il voulait, mais euh... Punaise, ce mec devait être un arnaqueur, il devait vendre la baraque cinq fois plus cher que sa valeur, on faisait pas de remises en immobilier! Ou alors elle était dépassée par les événements et ne savait plus comment ça marchait... Bref. Au pire, l'autre aurait pris son air pincé pour une once de vexation. Concrètement, remise de sept pour cent ou pas, prix exorbitants ou pas, ils s'en fichaient pas mal... L'argent ils pourraient en sortir à peu près autant qu'ils en voudraient. Elle préféra donc ne pas relever. Puis c'était pas mal... Ca faisait genre "je suis tellement friqué que je m'en fous de ta réduction, je suis encore froissé par ton comportement outrageant alors ferme là et sort ce dossier nom de dieu!". C'était dans l'ordre de ce qu'elle tentait de faire passer.

Bien. Le dossier était sous leurs yeux, enfin! Elle l'ouvrit et commença sans attendre à le consulter, ça lui éviterait de continuer de devoir regarder leur interlocuteur dans les yeux, et de risquer de se trahir elle-même, faute à un rire nerveux, une ombre d'incompréhension... et cætera. Pas de problème, la villa avait l'air bieeen luxueuse, si Angra voulait se payer un truc de pacha il semblait avoir fait le bon choix... Bon, après, elle restait sceptique. Fallait voir ce que ça donnait sur place, si l'électricité était aux normes, si les murs de moisissaient pas, la luminosité des lieux... et etc. Ce genre de trucs quoi. ... Ok, au pire ils auraient sans doute tôt fait de tout réparer, si possible en recourant à un autre moyen que madame limace senteur truc moisi... Heeeum... Bon le moyen de paiement n'était pas un problème, les noms et prénoms c'était autre chose, elle savait pas trop quoi inventer d'intelligent et de crédible... On allait éluder le problème pour le moment, et accessoirement essayer de réveiller le machin argenté qui l'avait bien heureusement écoutée, et l'avait laissée faire. Mais un peu trop. Si il la laissait tout faire ça allait finir par paraître louche

*... Tu la mets à quel nom?*

Gné. C'est là qu'elle espérait qu'il l'écoute VRAIMENT quand elle pensait si fort qu'elle s'en serait bien explosé le cerveau. De justesse elle évita de le regarder. A la place, elle releva la tête, pour fixer l'agent avec une assurance simulée qu'elle pensait plutôt réussie... Pauvre gars. Si il avait su! Pour ce qui était du pognon c'était simple... et ça allait sans doute être très efficace.

"Pas d'emprunt, mais nous payerons cash tout de même. Sur le papier tout semble parfaitement coller à ce que nous recherchons, et à ce qui plaira à ma cousine, ceci dit je pense qu'il serait souhaitable de visiter les lieux sans attendre. Si aucun petit détail ne compromet notre choix - l'environnement, le bruit, l'humidité, vous comprenez, cela va vite à gâcher la qualité de vie d'une famille lorsqu'il est question d'une demeure de ce type - je pense devoir vous prévenir que l'emménagement ne commencera pas plus tard que ce soir. Nous sommes relativement pressés, ce n'est pas la seule des surprises que nous lui réservons, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre du temps là dessus."

... Geeeeeeenre la bonne excuse, mais bon, c'était assez dingo pour être crédible. Elle referma le dossier et le fit passer à Angra à l'aide d'une petite glissade bureautienne. T'façon ce mec n'avait pas le choix. C'était eux les acheteurs, et de gros acheteurs, c'était eux qui imposaient leurs conditions. Nan mais oh!
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MessageSujet: Re: Toutes les fragances du monde   Mar 22 Juil - 0:36

Amour, amour, gloire et mariage.... tout ça dansait dans son esprit. L'amour d'Aya, l'amour pour Aya et ce futur mariage qui pointait son nez à l'horizon. Angra ne disait plus rien, il était ailleurs, il était en train de mourir d'excitation ! Du coup il avait zapé pas mal de trucs, du coup, il ne voyait même plus le monsieur en face de lui... Il était là sans l'être. Aya était la seule chose qu'il distinguait dans ces volutes roses de bonheur. Elle était merveilleuse, comme toujours et vu que quelque chose raisonnait dans son crâne il redescendit rapidement sur terre quittant nuages matelassés rose bonbon et anges erossiens qui dansaient tout autour de lui. Bang ! Il était à nouveau sur cette chaise, devant le monsieur à la noix et Aya qui lui tendait un dossier qu'il ne regarda même pas. Il était encore loin, le voyage qu'il venait de faire venait de le sonner un peu... Il regarda hagard devant et à côté de lui, puis ses yeux verts retombèrent sur le dossier. Il devait dire quoi ? Ha ouai, le nom, il n'en savait rien, il n'avait aucun nom qui lui venait, heureusement, le gourou pingoo avait pensé à tout.

- Ramirez, Ramirez von Luczak."

Quelque chose de divin venait d'arriver, ce nom qui ne lui disait rien du tout était sortit facilement comme si quelqu'un l'avait déjà choisi pour lui. Qu'importe, un nom était un nom. Un clignement de paupières, un portefeuille en croco sortit de sa poche et il en sortit carte d'identité et tout ce qu'il fallait. C'était magique ! La famille Von Luczak était assez connue et riche. Des Polonais assoiffés par les châteaux anciens, les titres princiers et les hectares de terrains de chasse et de jardins à la Versailles...

- Dès ce soir ?! Mais c'est impossible, il va nous falloir un notaire, des comptables pour assurer les transactions !"

Ils étaient fous ?! Sérieux, il allait devoir appeler notaires et comptables pendant qu'ils visitaient la villa. Le bonhomme s'épongea la crâne puis attrapa un répertoire téléphonique. Il ne connaissait pas la famille Luczak, mas le Von laissait penser que c'étaient pas n'importe qui ! Pendant qu'il fouinait et appelait rapidos sa partenaire pour la visite, Angra revenait peu à peu à la vraie réalité. Il referma le dossier et se tourna vers Ayame. Il se souvenait de ce qu'il avait promis avant alors il ne la traiterait pas en femme, mais en homme cependant, on ne pouvait pas manquer ce regard pétillant et amoureuux.

- Je suis heureux que tu m'aides, tu sais, il n'est pas aisé de faire plaisir à Ayame. Mais je te promets de prendre grand soin d'elle, encore mieux, je la traîterais comme la perle la plus précieuse du monde. Je ne suis cependant pas sûr d'être un bon époux, mais je ferais tout pour l'être. Je m'engage, sur l'honneur à l'aimer et la chérir jusqu'à la fin des temps, à la traiter comme il se doit, à apprendre et embrasser chaque cellules qui la compose. Elle sera heureuse... la plus heureuse du monde..."

La jambe droite d'Angra tremblait un peu, il était nerveux, un mariage... C'était plein d'engagements et de promesses, c'était un investissements total du début à la fin, c'était... comment dire.... c'était, quelque chose qui semblait bien loin de tout concept de son monde. Il n'en avait vu qu'au cinéma. Il allait devoir réfréner ses instincts animaux. Il allait devoir accomplir de grandes choses. C'était certain ! Un sourire déforma son visage alors qu'il attrapait les mains d'Ayame pour les serrer tendrement. Si l'autre ne les regardait pas il l'aurait bien embrasser... mais bon, on ne pouvait pas épouser une cousine et rouler une pelle au cousin, ça passerait légèrement... bizarre. Alors il se retint, avec difficulté, mais le sourire crétin qui ornait sa bouille trahissait plein de chose, bien plus que ces yeux verts mouillés qui allaient bientôt pleurer de joie.
Le téléphone raccrocha, le vieux Monsieur se tourna vers les deux jeunes homme et toussota pour capter leur attention. C'était fait, la jeune femme les attendrait à la villa.

- Mon associée vous attend à la villa. Si votre souhait est toujours de vous la procurer, je vous donnerais rendez-vous ici même dans la soirée, pour effectuer en toute légalité la vente du bien immobilier. Vous pouvez y aller, voici l'adresse."

Vu que le basané avait l'air complètement à l'ouest, il tendit le post-it violacé à Ayame, il allait vendre un bijou à prix d'or, finalement, l'habit ne faisait pas le moine.

- On y va ? J'ai hâte de voir notre future maison, je suis sûre qu'elle lui plaira. Ensuite j'irais chercher les alliances..."

Angra se leva d'un seul homme, il tira Ayame par la manche, s'inclinant pour prendre congé, il sautillait presque. Bientôt Ayame prendrait son nom... Ayame Mainyu... ça sonnait super bien ! Il fallait qu'il sorte, et qu'il hurle de joie, ce qu'il fit ! Partit en flèche, il sauta dans la rue, comme un cabri et un peu plus loin, en plein milieu de la foule il se mit à rire comme un enfants, les larmes aux yeux, il allait se marier !

- Je.... je vais me mariiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiier !!!!"

Les bras levés vers le ciel la foule le toisa un instant avant de reprendre sa route, et voilà un jeune homme qui se passait la corde au cou !
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Ayame Keita
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MessageSujet: Re: Toutes les fragances du monde   Mar 22 Juil - 13:35

(j'espère que ça vaaaa chui en galère pour poster en ce moment)

Ramirez von Luczak, venait de sortir Angra, juste après qu'Ayame eut fini d'assommer leur très cher vis-à-vis avec ses exigences de timbré. Ah bah hein... Soit on faisait partie d'une famille de richards excentriques dont les moindres désirs devaient être réalisés dans l'heure, soit on l'était pas! Avec ça, l'agent n'avait pas la possibilité de riposter... Il était obligé de suivre le rythme qu'ils imposaient, ou bien d'attendre qu'un autre acheteur pointe son nez. Et il n'y aurait certainement pas foule, vu le prix! Ramirez von Luczak hein..? Mais d'où est-ce qu'Angra avait bien pu tirer un nom pareil..? Ca sonnait bizarre, étranger, mais dans le genre prout prout nous on connaissait Louis XIV dans la famille. C'était parfaitement adapté à la situation, et à son apparence pas franchement japonaise... Elle lui jeta un coup d'oeil en coin, très rapide, histoire de ne pas se trahir elle-même. Bon... Après avoir manqué de les faire virer de l'établissement à coups de pied au cul, et accessoirement sans villa, il se rattrapait bien. Grave et silencieuse, elle se reconcentra sur le machin lunetteux en face d'eux. Il commençait à perdre pied, ce qui était pas mal... Parce que du même temps, il avait visiblement cessé de les soupçonner. L'affaire était bien lancée, il se mettait en mode coups de fil et préparation de l'acte de vente... Ne restait plus que quelques petits détails à régler. Du genre de visiter les lieux qu'il était question d'acheter. et du genre de créer le fric aussi. Une voix lui parvint, une voix réelle, pas mentale. Angra lui parlait... Gné..? Qu'est-ce qu'il foutait, c'était pas le moment de se taper la discute, mais alors pas du tout... Prête à l'incendier comme elle en avait l'habitude elle tourna de nouveau les yeux mais... laissa une perplexité mêlée d'étonnement remplacer les dites menaces silencieuses. Euh... Pourquoi est-ce qu'il la regardait avec ses yeux de merlan (trop) fri, là...?

Ouf, merci bien, il n'avait pas oublié que l'utilisation du masculin était de mise, n'y aurait plus manqué qu'à ce qu'il se mette à lui dire "elle" et qu'à ce qu'il se mette à l'appeler "Ayame" en plein devant Mister "Je te méprise parce que t'es jeune et que ta gueule me revient pas", et ils auraient bien risqué de voir la villa leur filer sous le nez pour de bon! Ceci dit, ça sonnait bizarre, tout ça... et plus le temps passait, plus Angra avançait dans sa déclaration détonante, plus Ayame commençait à s'inquiéter, à douter... Euuuh... Il en faisait pas un peu trop là? Pourquoi avait-elle l'impression qu'il était en train de s'adresser à elle pour de bon...? Peut-être à cause de ce sourire débile qui s'étirait le long de son faciès... De ces yeux humides qui allaient bientôt se mettre à verser d'énormes larmes de crocodiles à ce rythme... Putain de merde. Elle enclencha tous les warnings, mais c'était un peu tard... Et si cet abruti avait pris ses paroles au premier degré? Et si il n'avait pas compris qu'elle était en train de jouer la comédie? Non mais... Fallait être con, mais il en était bien capable! Et si c'était le cas elle s'était fourrée dans une merde phénoménale, même si c'était pas faute à un quiproco qu'elle se marierait contre son gré, ouais non fallait pas rêver non plus. Mais bon ça allait être la joie de lui faire comprendre que cette histoire de mariage n'avait été qu'une excuse pour justifier l'achat de la villa aux yeux de leur interlocuteur... Une grimace s'étira sur son visage, grimace crispée. Merde... Qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir dire? Désarçonnée elle ne pensa même pas à répondre en mode "je pense très très fort et tu captes".

"Euh... C'est bien mais euh... Déjà lâche moi et..."

... Elle ne pouvait pas arrêter de jouer le jeu tandis qu'ils étaient encore dans l'agence... Raah! Puis l'autre lunetteux revenait à eux. Ils devaient avoir l'air fin, l'un regardant l'autre avec un air abruti en tenant ses mains, l'autre les laissant à disposition du premier en l'observant, complètement décontenancé. Manquait plus que le filtre blanc/rose, le filet de vent et les pétales de rose tombant dont ne savait trop où, et on aurait eu une sacré scène sous les yeux... Scène que le mec derrière son bureau n'avait pas à voir. Allez, un peu de nerf que diable! On allait en finir avec les formalités, et Ayame remettrait le cerveau d'Angra en place. Un mariage... Tss, non mais décidément il rêvait... Il hallucinait, même! Ou plutôt, c'était elle qui hallucinait. De le voir s'imaginer des... trucs pareils. Elle récupéra ses mains fermement, cligna des yeux, et tenta de retrouver un minimum de contenance alors qu'elle récupérait le post-it sur lequel l'adresse de la villa était marquée.

"Bien, merci. Nous nous y rendons sans attendre, pour le rendez-vous de ce soir, nous réglerons les détails par téléphone après la visite, sauf si votre associée peut prendre le rendez-vous."

C'était l'heure d'y aller, et tant mieux... Ayame commençait à se sentir un peu crispée à force de pseudo-jouer la comédie. Surtout sachant qu'il allait falloir remettre les neurones d'Angra en place sur le trajet de la villa... Hmmmblpf. Amusements en perspective tiens. Sans demander son reste Ayame suivit la manche qu'on tirait en direction de la sortie, jeta un coup d'oeil rapide derrière elle et salua vite fait bien fait l'autre gars, pour faire style... Elle pressa le pas, manquant de trébucher sur le seuil de la porte de l'établissement. Huu... Déjà Angra l'avait lâchée pour se la jouer électron libre dans la rue... Un hurlement qui ne laissait absolument pas place au doute lui parvint, et elle leva les yeux aux ciel, consternée. Gnnn... Elle en grinçait des dents. Après avoir frappé son front de sa main un grand coup, et avoir laissé coulé ses doigts contre son visage, elle souffla un GRAND coup. Fatiguée elle pressa doublement le pas pour rejoindre Angra. Mais qu'il s'arrête! Il lui foutait la honte, puis il se faisait des idées, puis... Raaah, comment allait-elle lui faire comprendre en trois mots qu'il se plantait complètement et que...? Moui. Bon. Mieux valait ne pas trop réfléchir à la question, et improviser. sinon, elle allait se sentir mal à l'idée de la méga fausse joie qu'elle lui avait bien involontairement faite.

Groumpf. Après quelques slalomages de gens elle parvint à le rejoindre, et en guise de cadeau de fiançailles... lui infligea une superbe claque derrière la tête, bien forte et bien bruyante, qui dut lui démettre deux ou trois liaisons cérébrales. Ou bien les lui remettre, au choix, parce qu'il était évident que le démon était déjà pas mal déconnecté...

"Mais ferme là!! Je faisais SEMBLANT! C'était pour que ce vieux con arrête de nous prendre pour des dégénérés, et qu'il daigne bien nous sortir le dossier et tout le bordel! Et... Tss, atta..."

Regard à gauche, regard à droite, c'était pas l'endroit pour une engueulade, ni pour une mise de pendules à l'heure... Après l'avoir dardé des yeux un petit coup elle attrapa fermement son bras, et l'emmena avec elle, cherchant une rue un peu moins fréquentée que celle là.. Elle trouva rapidement, et s'y engouffra sans attendre. Vlan! Elle lâcha Angra contre un mur. Ici, c'était mieux. Elle leva un doigt, ouvrit la bouche... Et se tut. Elle n'en revenait pas. Comment avaient-ils pu en arriver là en deux minutes et demi, alors que tout pile avant elle l'avait menacé de lui en vouloir... ne serait-ce que si il allait un peu trop loin avec elle? Bon, allez, on reprenait, fermement:

"Voilà. En trois mots: Je jouais la comédie! Cette histoire de mariage c'était des cracks, rien que des cracks! Alors arrête un peu! Fallait lui sortir un mensonge énorme pour qu'il accepte de nous vendre une baraque pareille, et j'ai rien trouvé de mieux! Alors maintenant, on va visiter, on prend le rendez-vous, on achète, et basta... Okay?"

Nan mais... Nan mais... Okay elle l'aimait... Mais... de là à penser qu'elle pourrait avoir ce genre de plans... Ca la laissait bien bneh. Elle passa une main sur sa bouche, un sourire irrépressible y apparaissant. Elle se détourna, inspira, expira... Ses épaules furent secouées d'un début de rire... Puis d'une suite. Nan... c'était trop comique là. Pourtant il fallait qu'elle parvienne à arrêter de s'esclaffer...

"Bon on ferait mieux d'y aller..."

... Mouais. Raté. elle avait continué de rigoler en parlant, continuait tandis qu'elle levait le papier, regardait l'adresse, en priant pour que ça soit pas trop dur à trouver... C'était les nerfs qui lâchaient là non? On aurait bien dit.
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MessageSujet: Re: Toutes les fragances du monde   Mar 22 Juil - 14:43

Semblant... Elle avait fait semblant. Ce mot de deux syllabes venait de lui arracher le cœur. De tout ces beaux nuages, de tous ce rêve éveillé, de cette liesse incommensurable, il ne restait rien. Il passait d'un état d'euphorie à un état catatonique rien qu'à cause d'un mot de deux syllabes. Il se laissa traîner, regardant sans vraiment comprendre les lèvres de sa future fausse épouse lui dire que tout ça, c'était des cracks qu'elle ne voulait pas se marier avec lui, que c'était une excuse pour avoir la villa. Pourquoi ? C'était bien ce qu'il avait envie de dire, mais rien ne sortit réellement de ses lèvres, ça resta en suspend pas assez concentré même pour le lui envoyer par la pensée. Il y avait cru, pour de vrai, sur le coup, il ne voulait même plus de cette maudite villa. Comment pourrait-il supporter de la voir, après tout ce qu'elle avait signifiée ? En quelques minutes, il s'était vu un futur merveilleux, mais là, vu que c'était des mensonges, cette villa serait dure à encadrer...
Tout occuper à défaire ses rêves, il fut attiré par un son, un son qu'Ayame était en train d'émettre. En plus elle se fichait de lui !
Angra plissa le front et d'un mouvement rageur voire méchant il lui arracha le post-it des mains. C'était une fichue comédie. Et dans l'histoire il venait de se faire rouler dans la farine comme un débutant, y'avait rien d'amusant là dedans ! Elle aurait pu au moins lui préciser par pensée, ce qu'elle allait faire ! Au lieu de l'abreuver de rêves futiles et dérisoires. Ne savait-elle pas ce qu'était d'espérer vainement après quelqu'un ?! Son bras passa contre ses yeux, les larmes de joie n'avaient plus besoin d'être, d'ailleurs ça n'allait plus du tout avec le regard qu'il lui lançait maintenant, hautain et froid. Il lui attrapa le bras, enfonça ses ongles au travers du tissu qui les recouvrait et s'insinua dans la chaire.

- Arrête de rire ou je t'explose la tête contre le mur d'en face."

Il n'aimait pas qu'on se fiche de lui, surtout si le moqueur ou plutôt la moqueuse se trouvait être la personne qu'il aimait plus que tout. Il ne méritait pas ça.
Il avait besoin d'elle, encore un peu, le temps que tout soit acheté, par ce qu'il ne connaissait pas assez ce monde pour le comprendre, mais il n'avait plus qu'une envie, lui faire mal à son tour. Lui faire goûter ce qu'il venait de ressentir. C'était pas agréable, bien moins qu'une blessure pendant un combat. Et comment soignait-on une douleur de cette catégorie ?
Sa main lâcha le bras, puis il regarda l'adresse. C'était sûrement dans les beaux quartiers, un peu plus loin.
Son regard scruta les alentours, puis il ferma les yeux, et à la dernière seconde il choppa sans ménagement celle qui l'accompagnait pour l'emmener avec lui, à travers un couloir sombre aux lueurs bleutés. Il y faisait froid, après tout ce n'était que des ténèbres, et cette substance à la fois intouchable et liquide les charria directement vers les beaux quartiers. Pourquoi marcher quand on pouvait se téléporter. Il aurait pu faire ça plus vite, mais un sourire sadique s'amusa à ralentir le déplacement pour "rafraichir" sa compagne en même temps.
Plop... le tunnel se brisa lentement, il faisait à nouveau jour. Contrairement à Aya, enfin, il le supposait, Angra voyait très bien dans ce conduit de ténèbres, alors il les avait fait apparaître dans une rue tranquille où seul un chat assista à leur arrivé. On entendit un miaulement rauque, le poil hérissé, le quadrupède regardait Angra et Aya d'un sale œil, d'ailleurs il ne fallut pas longtemps pour que la bête saute toutes griffes dehors sur le démon du chaos qui d'une main forte l'attrapa au vol et lui brisa la nuque.

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